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AU SIECLE DERNIER

  • Tombé en désuétude après la deuxième guerre mondiale, le Carnaval de Millau a bénéficié du renouveau « folk » des années 1970, avec la découverte de l’identité occitane et la valorisation de sa langue et de ses traditions. Grâce à un comité d’organisation dynamique et très investi, ce Carnaval dit du « Roubelier » – surnom de l’effigie géante, faisant référence au ravin du même nom où étaient jetées les ordures ménagères de la ville – a rassemblé à partir de 1980 une grande partie des millavois dans de mémorables défilés non exempts de débordements (projection d’oeufs et de farines, publications injurieuses envers les autorités…) qui, associés à la lassitude des organisateurs, ont amené à son extinction après l’édition de 1989 et la plainte de la sous-préfète de l’époque contre « le Torchon », le journal réalisé à l’occasion du Carnaval, qui l’avait représentée de manière obscène.
Carnaval 2016
  • De 1990 à 1994, cette grande fête populaire a été remplacée par le très sage «  carnaval des écoles » – avec plusieurs fanfares en 1993 et 1994, et quand même 1300 à 1700 enfants à chaque fois ; ça se passait en semaine, dans l’après-midi, le public adulte était soigneusement tenu à l’écart…
  • en 1994, une soirée dansante tout public est organisée après la fête des enfants.
  • 1995 : les écoles laissent tomber (trop de stress et trop de boulot pour les instits). La MJC organise quand même un « carnaval des ados », qui fait un flop (presque personne …)
  • 1996, 97, 98, 99 : le carnaval de Millau est en sommeil (il renaît à Comprégnac, où l’Echo des Avens se forme à l’art du jugement et de la crémation, inspiré par Mimi Holmière , grand ordonnateur et magistrat du carnaval des écoles de Saint-Affrique, toujours très vivace à cette période …)
Carnaval 2016

LA RENAISSANCE

  • Samedi 1er avril 2000 : « grand retour du Carnaval après 10 ans de sérieux », avec la MJC, l’Echo des Avens, les Peintres et Sculpteurs. Départ du Parc de la Victoire, jugement mimé et muet par la compagnie « Ephémère » place Emma Calvé. L’Effigie, brûlée à la Grave, est celle du « Requin de la Phynance »
  • 31 mars 2001 : « la Vache Folle », avec manifestation de la FNSEA contre cette injure faite au monde agricole, et article dans le « Canard Enchaîné »… Départ de la place Emma Calvé, tour de ville, jugement et crémation à la Capelle, soirée salle des Fêtes avec les Chevals entre autres
Carnaval 2016
  • 30 mars 2002 : « le Tri Sélectif », derrière une énorme mouche à m… ; même trajet qu’en 2001, précédé d’animations de quartiers convergeant vers le centre ville. Bal en fanfares à la Salle des Fêtes
  • 8 mars 2003 : cette date coincide avec la journée de la femme, l’effigie est « la Chatte Persanne ». Participations de la Bufatière de Camarès, d’Auprès de ma Blonde, des Chevals. Départ des quartiers, même trajet.
  • 6 mars 2004 : « Millau Pride », avec le Grand Paon du Viaduc (« moi, je suis fier de mon beau viaduc / Ich bin stolz auf meine schöne Brücke »). Collective de fanfares autour de Francis Mounier, spectacle du Grand Déménagement (Malavergne/Gavalda), participation des Original Salz-Sieders de Bad-Salzuflen. Départ place Foch, tour de ville, crémation à la Capelle.
  • 19 mars 2005 : « l’Ourse Cannelle ». Participation des Bufataïres de Camarès. Mémorable soirée-concert à la salle des fêtes avec les Fils de Teuhpu.
  • 11 mars 2006 : « la Grippe Aviaire » derrière un coq pas en forme. Collective de fanfare avec Laurent Audemard. Bal à la salle des fêtes avec les Caméléons.
  • 17 mars 2007 : premier jugement Parc de la Victoire de « la Chenille », avec « complainte ferroviaire » pour défendre le service public et la ligne Neussargues-Béziers (arrêt devant la gare avec les Kosmonots). Fabuleuse soirée avec les Touffes Krétiennes.
Carnaval 2016
  • 29 mars 2008 : « Julio et Clara », le petit taureau et la brebis, avec les reines des fallas de Sagunto. Concert à la Salle des Fêtes avec Los Tres Puntos.
  • 28 mars 2009 : « le Dragon » du réchauffement climatique, carnaval à dimension intercommunale, avec la Tamboricà (après la visite du collectif Carnaval aux Fallas de Sagunto), la Grande Fanfare, et concert des Pellos.
  • 27 mars 2010 : « Rozy la Cochonne » (Roseline Bachelot et l’affaire du vaccin contre le virus H1N1 de la grippe « porcine ») , avec la Cie du Ptit Vélo, jugement par les clowns de la Manivelle, soirée Salsa salle des fêtes.
  • 12 mars 2011 : « la Bête-en-Cour » sous la pluie, avec los Dimonis de l’Avern et ses pétards, un jugement trash mémorable de la Manivelle, et Mabreuch en soirée.
  • 17 mars 2012 : « Mickey et Picsou », un carnaval de crise dans un univers enfantin : le CRNVL a perdu son triple A, investit les petites rues et fait la monte. DJ Clapier assure le bal.
  • 23 mars 2013 : « l’Eléphant Ganesh » présidentiel. Le Carnaval investit les petites rues à la recherche des offrandes à l’idole. Enorme soirée avec la Vespa du Coucourdon.
  • 15 mars 2014 : « le Loup du Millaudan », carnaval précédé d’un charivari nocturne. Avec les petits roumains de la Stibina et un retour à la Grave pour le jugement et la crémation, et un bal des carnavaliers en fanfares dans la conviviale chapelle du CREA.
  • 28 mars 2015 : « Don Quichotte contre le moulin » avec le retour des tambours de Segorbe et un char splendide en hommage aux assassinés de Charlie ; soirée animée salle René Rieux par le Klez de 12, entre autres.
  • 26 mars 2016 : « Drôles d’oiseau », avec mémorable jugement par les Boudeuses et jolie prestation des musiciens-échassiers de la Cie Zurko. Le maire joue le jeu devant son effigie… Soirée animée à la Menuiserie par les Jongleurs d’Accordéons, entre autres.

Donc, pour résumer…

  • 2000 : le requin sanguinaire (la mondialisation financière et le capitalisme ultralibéral)
  • 2001 : la vache folle (les dérives de l’agroalimentaire)
  • 2002 : la mouche repoussante (les déchets et la pollution)
  • 2003 : la chatte lubrique (le machisme sous toutes ses formes)
  • 2004 : le paon vaniteux (les bétonneurs du viaduc)
  • 2005 : l’ourse hideuse (les chasseurs)
  • 2006 : le poulet infecté (l’élevage industriel)
  • 2007 : la chenille vénéneuse (défense du chemin de fer)
  • 2008 : le taureau nabot et sa Carla-brebis (le couple Sarkozy)
  • 2009 : le dragon ardent (le réchauffement climatique)
  • 2010 : la truie contaminatrice (Roselyne Bachelot et le vaccin H1N1)
  • 2011 : la Bête-en-Cour corrompue (l’affaire Bettencourt)
  • 2012 : Niquey président (la crise économique)
  • 2013 : l’éléphant ventripotent (Hollande au pouvoir)
  • 2014 : le loup sanguinaire (plaidoyer pour la nature sauvage)
  • 2015 : Don Quichotte (contre toutes les intolérances)
  • 2016 : Drôles d’oiseaux (belle brochette d’hommes politiques)
Carnaval 2016

Ce bestiaire fabuleux est né d’une volonté commune de renouer avec la fête populaire du Carnaval, ce temps fort qui marque la fin de l’hiver et exorcise les malheurs de l’année écoulée. Et comme disait l’autre : « Reflet déformant de la société dans laquelle il se déroule, le Carnaval réinvente constamment ses formes en s’appuyant sur l’héritage qui est le sien »

Au départ : la MJC (Simone Cassan, puis Hervé Marcillac et Chloé Rivemale), l’Echo des Avens, l’APSM (Association des Peintres et Sculpteurs du Millavois), et le service culture de la mairie (représenté par l’excellent Jo Palmas), rejoints régulièrement ou occasionnellement par des comédiens (Ephémère, puis la Manivelle), des jongleurs, des centres sociaux, Myriade, Chrysalide et les associations d’entraide, le comité de jumelage Millau/Sagunto … sans oublier le fidèle Thierry, indispensable et souriant chauffeur de mascotte, et l’ami Pascal, le géant bleu sur ses échasses !

Les ingrédients du Carnaval

  • Une mascotte conçue et réalisée par Daf et l’équipe du Vieux Moulin, dans des conditions souvent difficiles par grand froid et dans des lieux divers (porche du service technique de la municipalité, usine Combes, marbrerie Izard, entrepôt Libourel boissons Creissels, et maintenant TGM )
  • Un défilé animé par des fanfares et des batucadas, qu’il vente ou qu’il neige
  • Un jugement et une crémation dans la tradition du carnaval occitan, parfois mâtinée d’emprunts aux fallas espagnoles
  • Une soirée festive tout public
  • Des centaines d’heures de préparation (fabrication de la mascotte, répétitions collectives, arrangements musicaux, élaboration du discours et de la mise en scène du jugement…) et des réunions du collectif carnaval dès le mois de septembre
  • Le bénévolat de près de deux cent participants à chaque édition (musiciens, artistes plasticiens, comédiens, personnels de la MJC et du service festivité de la mairie, « petites mains » assurant la sécurité du défilé …)
  • Une subvention de la mairie de 7620 euros et les moyens logistiques (fournitures, affiches, frais de déplacements des groupes invités, location de matériel, repas des carnavaliers… )
  • De l’énergie, de la bonne humeur et de la créativité à revendre… et la certitude partagée par tous les participants, public et organisateurs, que cette fête annuelle est indispensable à la cohésion de notre communauté !
Carnaval 2016

Quelques grands moments (mais on ne peut pas tous les citer !) : les buffatiers de Camarès, la Tamboricà de Segorbe, les reines des fallas de Sagunto, la Cie du Ptit Vélo, les pétards de los Dimonis, les petits roumains de la Stibina, les soirées autour des Chevals, de l’Orphéon de Garrafach, de la Diane Rouergate, des Bontuillos, des Fils de Teuhpu, des Touffes Krétiennes ou de la Vespa du Coucourdon à la salle des fêtes… et les polémiques qui ont suivi certaines éditions, couvrant leurs auteurs de ridicule, et prouvant par là la vitalité et la force de l’enracinement sociologique de notre Carnaval !

L’édition 2017

Après le mystérieux charivari de la veille, qui se terminera dans une belle ambiance irlandaise à la Menuiserie pour la Saint-Patrick, le carnaval vous donne rendez-vous TOUS EN VERT samedi 18 mars à 16h30 place du Mandarous (où un atelier maquillage sera en place dès 15h30) avec la Grande Fanfare de Perpignan, un ramassis détonnant de fanfarons amateurs et de solistes ébouriffants dirigé par le tubiste Daniel Malavergne. Les meilleures fanfares de l’Aveyron (la Diane Rouergate de Rode et la Bérézina de Saint-Sever du Moustier) accompagneront le cortège, derrière le « Renard-R-S » imaginé et fabriqué par les artistes plasticiens du Vieux Moulin, aux côtés de l’Echo des Avens associé à la Batucada Samba Mio et aux tambours du Ngueweul Rythme, tout exprès venus du Sénégal, pour rejoindre le Parc de la Victoire, asticotés par ce grand galopin de Jack Lean, le clown de la Cie Ilaydça.

L’Echo des Avens

Le jugement sera prononcé par les clowns municipaux de la Manivelle avant une mise à feu prévue vers 18h30.

Tout le monde se retrouvera ensuite à la salle de la Menuiserie pour un apéro-fanfare, un repas carnavalier sur réservation, et le grand bal du Carnaval proposé par les turbo-folkeux occitanoceltiques de Brick à Brac.